mardi 6 mai 2014

"Un heureux évènement"... Anti ou pro maternage ?

Source: Externe

"Elle m'a poussée dans mes retranchements, m'a fait dépasser toutes mes limites, m'a confrontée à l'absolu : de l'amour, du sacrifice, de la tendresse, de l'abandon. Elle m'a disloquée, transformée."
Un heureux événement - Eliette Abécassis.

La première fois que j'ai vu ce film, j'étais enceinte de quelques mois. Nous étions en été, juste une jolie soirée cinéma avec une copine primipare, suivi d'un petit coca en fin de séance. J'avais trouvé Louise Bourgoin terriblement convaincante en jeune maman débordée. Elle me semblait juste normale, le genre de fille avec qui on se verrait bien papoter pendant des heures. Ce film ne m'a absolument pas fait peur : au contraire, j'ai beaucoup ri, beaucoup pleuré (merci les hormones...), et j'étais très heureuse qu'un film sur la maternité sorte au cinéma pendant ma grossesse. Encore une bonne excuse pour parler bébé !!!

Et puis, le film a été diffusé sur France 2 dimanche soir. D'habitude, mon homme n'aime pas tellement ce genre de film, mais comme j'avais été dithyrambique lors de sa sortie, (et qu'il a une confiance aveugle en mon bon goût), il a souhaité qu'on le regarde ensemble. Evidemment, deux ans après la naissance de l'héritier, je n'ai pas ressenti la même chose en le visualisant... 

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Tout d'abord, j'ai été frappée de nostalgie aigüe. Je dis toujours que je ne suis pas prête pour le deuxième, que ma grossesse n'était pas idéale (fatigue, nausée, flemmïte...), que j'aimerais perdre du poids... Mais à la vue de Louise Bourgoin enceinte, entrain de bouquiner tranquille sur son canapé, à attendre, c'était comme si tout mes souvenirs remontaient d'un coup. Et oui, ma grossesse n'est pas idéale, mais à ce moment là, j'ai adoré être bidon centré, avoir la sensation que ce que je préparais là, dans mon ventre, c'était ce qu'il y avait de plus important au monde. Moi qui n'avait jamais eu le droit de me contempler, de m'appitoyer sur mon sort, j'existais tout entière. Et ma grossesse, mon fils, mon mari, ma famille, voilà toute ma vie désormais, mon monde à moi.

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Ensuite, j'ai été grandement soulagée de voir une mère maternante qui en chiait. Attention! Je suis POUR le maternage, j'allaite encore mon fils de 25 mois. Mais franchement, des fois c'est pas facile et c'est insupportable qu'on nous prie toujours de choisir entre détachement et maternage. Si j'ai le malheur d'évoquer ma fatigue, pourtant bien réèlle, j'ai droit à des remarques qui me piquent le nez très fort, du genre :
     -> "- Mais il faudrait que tu le confies plus aussi, il faut le faire garder...",
     -> "- Tu ne bosses pas ! Profites-en parce que ce ne sera pas la même quand tu auras repris le boulot ! ",
         (Petite précision : j'ai été cadre dans une grande entreprise, je sais ce que c'est que de travailler, merci bien.),
     -> "- Tu l'allaites encore ? Tu crois pas que tu en fais un peu trop ? "...
En j'en passe. Est-ce que vraiment c'est interdit de se plaindre quand on est une mère maternante ? Est-ce qu'on est vraiment obligée d'être heureuse tout le temps ? A qui peut-on parler de sa solitude, de sa fatigue ? Dire qu'on est paumée, qu'on a besoin d'une carte pour s'y retrouver ? Sans aller jusqu'au baby blues, c'est important aussi de dire qu'une maman, c'est aussi, parfois (et oui, pas toujours), un grand moment de solitude. Qu'on peut aussi avoir besoin d'être calîner, cajoler, écouter.

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Il y a aussi le message que ce film fait passer aux papas : ils sont très souvent plein de bonne volonté, mais un peu désemparés, face à leur amoureuse qui change, qui a besoin d'aide, mais qui ne veut (peut ?) pas dire par où commencer. La logistique ? Des vacances ? Des sorties ? Mais de quoi l'amoureuse a-t-elle besoin à ce moment là, très précisément ? J'ai senti mon homme un peu boulversé et coupable à la fin du film. Pourquoi ? Parce qu'il aimerait bien faire bordel ! Il déborde d'amour pour son fils et sa femme, mais il faut bien l'avouer, devenir parent, c'est quand même un sacré tsunami dans ta face, non ?

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Mais malgré tout, il y a bien le putain d'attachement viscérale d'une mère pour son gosse. J'ai adoré le moment où le personnage de Barbara, séparée quelques jours de sa petite Léa, voit son tee-shirt taché par une goutte de lait. Pour ma part, cette scène parle d'elle même sur ce que le sentiment d'attachement, le besoin de maternage, peut-être absolument incontrôlable pour certaine maman. Cela en devient physique. Et c'est pas toujours évident à gérer.

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Et puis, il y a tous les moments de joie. Les sourires, les petites mains sur la joues, les " - Maman, ça va ?", les éclats de rire, les bras tendus, les bisous, le voir grandir, en bonne santé, bien dans ses pompes. Et comme beaucoup, je ne peux pas m'empêcher de m'exclamer que mon fils, c'est bien la putain de meilleure chose qui ne me soit jamais arrivée !

 

Alors même si ce film n'est pas un chef d'oeuvre cinématographique, même si la mise en scène est parfois un peu grossière et sans surprise, je recommande chaudement ce film à toutes les mamans. C'est décomplexant, déculpabilisant, touchant, voir même, rassurant.



 

 

Posté par La Tauliere à 10:34 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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